Interstices souhaite avoir un rôle de conseil auprès des porteurs de projets en les accompagnant sur les  aspects méthodologiques de conduite de projets.

Dans le cadre de cette mission, nous travaillons à l'élaboration d'outils : fiches méthodologiques, charte de bonnes pratiques, documents modèles partageables, répertoire d'aide à la recherche de financements complémentaires...

 

Modalités d'action :

  • Analyser et échanger autour des pratiques de chacun dans le cadre de groupes de travail.
  • Se retrouver autour de valeurs communes  de travail.
  • Elaborer des outils méthodologiques partageables.
  • Nourrir des modules de formation spécifiques.
  • Créer des outils de développement à l'échelle de la platerforme coopérative.

 

Historique :

  • Mise en place des groupes de travail :

De 2013 à 2015, trois groupes de travail se sont réunis régulièrement :

* Le groupe de travail sur la valorisation et la diffusion a réinterrogé la notion de partenariat, son rôle déterminant dans le statut du projet et sa diffusion par la suite. Cela a abouti à la rédaction d'une charte sur la valorisation et la diffusion des œuvres. Celle-ci présente une nomenclature des objets produits dans le cadre Culture et Santé, et en fonction, des pistes pour leur valorisation et diffusion. Une démarche d'inventaire a été mise en place à titre expérimental afin de réaliser prochainement un catalogue d'objets à l'échelle de l'association.

* Le groupe de travail sur le financement a engagé un travail méthodologique sur la recherche de fonds privés. Un répertoire d'aides privées ainsi qu'une grille tarifaire indicative ont été élaborés.

* Le groupe de travail sur les questions juridiques s'est interrogé sur le droit à l'image. Il a créé une charte et plusieurs modèles d'autorisation de captation et de diffusion d'image. Le groupe a également orienté ses réflexions sur la thématique des droits d'auteur. A ce titre, plusieurs outils opérationnels ont été produits : rappel synthétique sur les droits d'auteur, rappel synthétique sur les droits voisins, modèle de convention de projet, modèle de convention de partenariat, modèle de contrat de cession.

Depuis 2015, deux autres groupes de travail ont été mis en place :

* Un groupe de travail sur la fonction de responsable culturel d'établissement. Il fait suite à la réalisation en 2014 d'une étude sur les profils et les activités des référents / responsables culturels des établissements hospitaliers en Rhône-Alpes. Il a travaillé à la rédaction d'une fiche métier qui a été présentée aux adhérents dans le cadre du séminaire interne en février 2017. Il a travaillé également autour de la question des bénévoles qui peuvent être associés à un projet Culture et Santé, et a élaboré une charte et une convention de bénévolat types.

* Un groupe de travail sur l'argumentaire Culture et Santé. Cette idée part du constat que même si tous les adhérents d'interSTICES partagent une même conviction de la nécessité de la présence de la culture dans les espaces de santé, certaines interrogations récurrentes et légitimes demeurent. Cette place est-elle toujours exactement la même ? Nos conceptions convergent-elles toujours ? Et surtout, comment convaincre les autres ? Comment mettre des mots sur cette conviction, qui nous habitent ? Comment l'expliquer aux autres ? L'objet de ce groupe de travail est donc de travailler à ce qui réunit, à l'essence de nos projets pour travailler des argumentaires spécifiques. Voir un exemple de document ressource : le schéma notions, aide à la définition et à la compréhension des notions d’art-thérapie, d’animation et de projet culturel et artistique en espace de santé. La dimension éducative y a ensuite été ajoutée (une dimension présente, notamment, dans certaines structures médico-sociales ou hospitalières). En 2018, ce groupe s'est réuni autour de la question des argumentaires sensibles, pour aboutir à une fiche d'étude et de préconisations autour de cette notion.

En 2017, trois groupes autour de nouvelles thématiques ont vu le jour, dont les réunions se sont poursuivies en 2018 :

* Le développement culturel et artistique à l'épreuve de la réduction des durées de séjour. Bien que des projets existent dans les établissements MCO (médecine chirurgie obstétrique), le développement de projets culturels et artistiques questionne toujours dans un contexte de court séjour. Quelle pertinence ? Quel intérêt en termes d’impacts que ce soit pour l’institution de santé, la structure culturelle, les artistes, les personnes touchées ? Quel type d’action pour trouver du sens ? Comment donner du sens à l’action de programmation alors justifiée ? Et que faire au-delà de la programmation ? Etc… Cette problématique semble d’autant plus actuelle que, dans toutes les structures de santé, même les établissements psychiatriques ou de soins de suite et de réadaptation, l’évolution récente des prises en charge voue l’ensemble des durées de séjour à se réduire de manière considérable. Dans les maisons de retraite également, la question de l’éphémère des présences mais aussi de l’état des personnes est de plus en plus prégnante. Le groupe a produit jusqu'à présent un document de synthèse, concernant la (les) définition(s) de cette notion de court séjour, des pistes de préconisations établies collectivement, et des exemples de terrain. Il poursuit son travail en 2019.

* Publics et croisement des publics. Plusieurs comités locaux se sont interrogés sur cette question des publics, et sur ce que ce terme pouvait recouvrir dans les espaces de santé. Nous-même sur l'association, nous avons exploré la notion sur la journée La rencontre dans la création artistique en 2016, et la réflexion semblait à poursuivre. Quels sont les publics de nos actions ? Quels types de projets favoriser pour croiser les publics ? Avec quels enjeux, quelles précautions, quelles conséquences ? Le groupe a d'abord travaillé à énoncer des valeurs communes en la matière, sur un plan théorique. Nourri par cela, il a poursuivi en 2018 en produisant un document de préconisations, orienté davantage sur les aspects pratiques, avec une proposition de "liste de questions à se poser". Il poursuivra en 2019 en travaillant à l'articulation entre le théorique et le pratique, en ajoutant des exemples de terrain.

* Les projets Culture et Santé et la notion de droits culturels : interférence ou convergence ? Le débat professionnel, mais aussi public, autour du développement culturel et artistique auprès des personnes en situation de handicap se cristallise beaucoup aujourd’hui autour de la notion de droits culturels. L’association n’avait jusqu’alors jamais ressenti le besoin de travailler à proprement parler ce concept, tant d’autres structures et professionnels s’en étaient déjà saisis, mais aussi parce qu’il nous semblait que nous ne pouvions que partager un même positionnement de principe autour de cette notion, en partie constitutive des enjeux que nous défendons dans le cadre de Culture et Santé. Néanmoins, en 2016, cette notion a été, sur certaines scènes, publiquement mise en contradiction avec la pertinence de la politique publique Culture et Santé, présentée comme un « prétexte » au non-respect des droits culturels. Il a donc semblé nécessaire de réfléchir davantage à la question, et de l’articuler avec le propre argumentaire de l’association. Le groupe constitué a ainsi travaillé en 2017 à une meilleure compréhension et appropriation de la notion même de droits culturels en s’attachant à décortiquer et à vulgariser la Déclaration de Fribourg. Il a abouti à un document support de définition et de contextualisation des droits culturels, composé de 6 schémas. Fort de cette réflexion solidifiée, le groupe a souhaité poursuivre son travail en 2018, notamment en frottant le concept à l’opérationnel via une démarche d’analyse et de controverses. Dans ce cadre, un outil « grille d’observation » pour observer concrètement le respect des droits culturels dans le cadre de nos projets a d’abord été élaboré et testé via 3 enquêtes menées. Cela a permis de collecter des premiers enseignements en termes de bonnes pratiques pour le respect des droits culturels, mais plus largement aussi en termes d’évaluation.

En 2019, quatre groupes de travail seront actifs. Les groupes "Publics et croisement des public" et "Développement culturel et artistique à l'épreuve de la réduction des durées de séjour" poursuivent leurs travaux, tandis que deux nouveaux groupes voient le jour :

* Evaluation des projets. Regarder nos projets ? Ou plutôt échanger sur comment et quand les regarder pour les évaluer avec pertinence et sens ? Voilà l’objet de ce nouveau groupe de travail. En suite des enjeux identifiés par les groupes de travail "Argumentaire" et "Droits culturels", travailler sur l’évaluation des projets semble intéressant, d’autant que l’exercice du bilan reste laborieux et complexe pour beaucoup de porteurs de projets. Il est noté tout à la fois des difficultés pour trouver des moyens, des indicateurs mais aussi du temps pour l’évaluation des projets que pour rédiger des bilans sincères et critiques avec la matière collectée. Sans doute, la finalité même de l’évaluation reste peu comprise et ainsi perçue davantage comme une obligation rendue nécessaire par les partenaires du projet que comme un outil de travail, de réflexion, de conduite et des prospective précieux pour les porteurs de projets eux-mêmes. Il s’agit donc pour ce groupe de réfléchir à la notion même de l’évaluation, de définir des indicateurs pertinents d’évaluation, de revisiter les outils existants et peut-être en inventer d’autres, et enfin, d'identifier les bonnes pratiques en la matière et les partager.

* Communication. La communication autour d'un projet culturel et artistique dans un espace de Santé est un enjeu incontournable : elle véhicule un positionnement et définit les conditions d'une possible rencontre du (des) public(s) avec une proposition artistique ou culturelle. Elle est par essence plurielle et prend différentes formes. C'est tant sur les plans théoriques que pratiques que le groupe pourra explorer cette notion dans sa transversalité et sa diversité, en analysant et en partageant des bonnes pratiques.

  • Elaboration et partage avec les adhérents de l'ensemble des outils précédemment énoncés (remise d'une clé USB "malette pédagogique" avec plus de 25 outils sur le premier semestre 2018).
  • Mise en œuvre de formations, une de méthodologie générale et une de financement pour les adhérents.
  • Mise en place une fois par an d'un séminaire de réflexion interne proposant un temps de partage autour des travaux des troupes de travail avec la possibilité d'y ajouter un temps d'ouverture sur des problématiques spécifiques (En 2013, la question du partenariat. En 2014, la question de la fonction de responsable culturel hospitalier. En 2015, les questions de public, de résidence, de tiers-espace.).